COUCHÉ TARD ET COÛTÉ CHER (3 JUILLET)

LE RINCE GRINCHEUX – MONSIEUR LAROSE

Je suis un artiste interdisciplinaire originaire de la Petite-Nation en Outaouais. Je suis de passage à Petite-Vallée pour participer à des ateliers d’écriture et d’interprétation de chanson, qui se donnent respectivement avant et après le festival. Pour la durée de l’événement, j’ai décidé de m’impliquer comme bénévole, et on m’a donné carte blanche pour que j’écrive chaque jour un billet d’humeur sur mon expérience au festival.

Couché tard et coûté cher : onzième billet, 3 juillet 2015

Taboire ! Hier je me suis mis à vous conter ma vie comme le gars saoul accoudé au bar. Ça me fait ça aussi, gambader de spectacle en spectacle. Je vais redescendre à matin, j’en ai besoin. Je réalise que dans le fond, je suis rendu que j’écris comme d’habitude dans mes carnets noirs, mais là, y’a des lecteurs quelque part ! Oh ! Mais l’avantage de l’écrit, versus le gars collant au bar, vous pouvez me flusher quand vous voulez… !

Rencontres suprises hier, les chums de l’Outaouais qui accompagnent D-Track qui joue dans deux heures. Dont un gars pour qui je sortirais ma robe à fleurs n’importe quand. On s’est connu de même en fait, à Tadoussac, l’année passée. Même genre de contexte intemporel qu’icitte, mais l’autre bord du crique. Spectacle d’Éric Cyr au Gibard, en pleine polémique de Port Pétrolier à Cacouna, et la Mairesse de la ville en question qui avait donné une entrevue épique à Radio-Can, entrevue qu’Éric avait mise en boucle dans son pedalboard de guit. Un contexte de rêve pour faire intervenir Rose-Aimée, permanente et robe à fleurs, verre de cognac à la main, le réconfort de la matante s’a brosse qu’on connaît tous.

Bon, je vais justement me calmer là-dessus, avant de devenir aussi caricatural que le personnage (je me sens de même en fait !).

Les Junkyyard Dogs, FET.NAT… le genre de truc qu’on voit pas assez souvent. J-F Nô c’est un mental. Je m’ennuyais justement et v’là tu pas qu’il arrive. Innespéré.

Renée Martel hier, à l’église. Un show dans l’univers de mon frère avec une chum qui chante s’a scène, parmi tout le monde qu’il y a là. Elle est revenue vivre dans le coin, dans son coin, après un exil à Montréal de plusieurs années. Si y’avait un minimum de perspectives en région, j’pense que la majorité de ses jeunes y reviendraient. Ça nous crève le cœur quand on part, quand on doit partir. Mais les perspectives, c’est pas juste une job, c’est humainement parlant aussi. T’as le goût d’avoir des amis, des familles amies, des activités un petit peu plus diversifiées que l’unique souper spaghetti avec une track de poudre après d’in toilettes. Mettre au monde des enfants qui auront des amis chouettes aussi. Le conseil municipal chez nous a rien compris de t’ça. Y’ont pas compris quand on a organisé la Fête Nationale en 2013, qu’on essayait d’ouvrir les ornières un peu : notre village sent le renfermé, particulièrement quand t’arrives d’ailleurs pour voir ça. On voulait faire rentrer de l’air. Sans discarter ce qu’il y avait avant, non, juste rajouter du neuf. J’pourrais feeler cheap de blaster mon conseil municipal ici, mais non. Car j’ai donné ma démission en février 2014 et vous n’êtes même pas venus me voir pour comprendre. Ni même pour m’envoyer chier à la limite ! Silence radio depuis un an et demi, faut le faire ! Peut-être que vous pourriez appeler Rodrigue Brousseau, le Maire de Petite-Vallée, pour comprendre comment il fait pour être de mêche avec le Village en chanson ? Comment ça se fait qu’il voit ça d’un bon œil, et qu’il en est fier, et qu’il appuie la cause ? Merci, Rodrigue Brousseau.

Renée Martel hier, à l’église. Un show dans l’univers de mon frère, qui était un gars de bar salon qui aimait le western canadien-français. La vieille affaire là t’sais, chanter la bouche un peu en trou d’cul d’poule, la guitare mal accordée, et les changements d’accords qui se font toujours aux mauvaises places. C’est fou-braque de même ça pis c’est dur à expliquer. J’ai aimé l’ambiance. Merci Alan et ta gang d’avoir pensé à ça.

Fin de soirée au Café de la Vieille Forge, avec Dans l’Shed. C’est là que j’ai perdu le fil, quelque part au bar. Je me suis réveillé s’a banquette arrière de mon char : étonnement, une première depuis que je suis icitte. À une autre époque, ça serait arrivé tellement souvent. Je suis content d’être aujourd’hui. J’ai l’air de rien mais je me suis calmé ! Je vais penser à ça justement, cet après-midi, voir ce que ça m’inspire.

Nouveau jour donc. Café, toast au fromage, douche, et spectacle de D-Track et Rod le Stod à quatorze heures. C’est un feu roulant de spectacles tripants, je suis à ‘veille d’être saturé, mais il me reste encore de la capacité d’écoute. Raison de plus pour dégriser ! Et je suis rendu qu’à midi, mon texte est fini. J’ai gagné seize heures en cours de route, j’sais pas comment ça se fait.

  2 comments for “COUCHÉ TARD ET COÛTÉ CHER (3 JUILLET)

  1. juillet 3, 2015 at 1:42

    J’envoyé promener « mon » conseil municipal moi aussi, plus jeune, pour les raisons citées plus haut : un village du boute que tu connais bien (dont je tairai le nom), là où culture rime avec patate.

    Après avoir dit mes quatre vérités aux membres de l’oculte conseil, j’ai pris mes clics pis mes claques et je suis parti pour la grand’ ville su’l pouce avec ma guitare.

    Fumer des joints, jouer au Playstation et faire du quatre roues ad vitam eternam, c’était pas pour moi.

    • Monsieur Larose
      août 2, 2015 at 1:31

      S’cuse de l’éternel temps de réponse depuis ton message: le site est nouveau et je ne voyais pas apparaître les commentaires dans ma boîte courriel, je viens juste d’en prendre consience.

      Oui, les conseils municipaux, ce n’est pas une mince affaire! J’en reviens juste pas comment tout ce fonctionnement est attardé, c’est démesuré.

      Merci d’avoir lu mes affaires!

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