FAIRE CONNAISSANCE (25 JUIN)

LE RINCE-GRINCHEUX – MONSIEUR LAROSE

Faire connaissance : Premier billet, 25 juin 2015

Je suis un artiste interdisciplinaire originaire de la Petite-Nation en Outaouais. Je suis de passage à Petite-Vallée pour participer à des ateliers d’écriture et d’interprétation de chanson, qui se donnent respectivement avant et après le festival. Pour la durée de l’événement, j’ai décidé de m’impliquer comme bénévole, et on m’a donné carte blanche pour que j’écrive chaque jour un billet d’humeur sur mon expérience au festival.

Ça tombe bien je suis de bonne humeur ! Ce n’est pas un hasard, je le suis depuis que je suis arrivé ici à la mi-juin. Après plusieurs mois déboussolés, éprouvé par des aléas de la vie qui rentrent dans corps, magané de questionnements, dont des remises en question qui concerne l’endroit où je vis. Le parallèle entre cette réalité et celle d’ici est tellement évident que je ne peux pas passer à côté.

Plus précisément, je viens de Lac-Des-Plages, un village qui est en décomposition rare. L’exil m’était devenu nécessaire, histoire de me retrouver quelque part où je pourrais me rincer le grincheux avec des bonnes vibes, et surtout me consacrer à l’un de mes plus grand rêve, celui d’écrire, de composer et de chanter des tounes. Je suis arrivé ici ouvert aux rencontres, avec un besoin de vivre du neuf.

Petite-Vallée, c’est une expérience qui se vit. On a beau en entendre parler… c’est sur place que ça se passe. Je l’apprends à tous les jours depuis que je suis arrivé. Un village entier qui se consacre à créer de la magie, 150 quelques âmes mobilisées pour donner vie à du beau, ouvert à ce que chacun qui souhaite s’y joindre y apporte du sien. Réunis autour de la chanson, qui nous rassemble, par delà les frontières.

Dès que je suis arrivé, j’ai été accueilli aux petits oignons comme ça fait longtemps que ça m’est arrivé. Par tout le monde, sans exception.

Ah, pas qu’on est pas accueillant chez nous, au contraire ! La Petite-Nation est riche d’extraordinaires personnes et j’en connais une trâlée. Mais dans mon village mettons, on est fatigués. L’Hôtel Mon Chez Nous a passé au feu il y a quelques années, après deux décénnies de désintégration lente. C’était le cœur du village, avec sa terrasse sur le bord du lac… là où on pouvait rencontrer quelqu’un par hasard, voir un spectacle, participer à la course de canot annuelle, se baigner. Ça n’existe plus. L’âme du village plane encore, mais… on a de la broue dans l’toupette pis le corps mort.

Ici, en fin veillée, entrain d’écrire ce premier article, ce qui se passe autour de moi est magique. Un jam spontané des participants aux rencontres qui chantent, comme j’en ai vécu presque tous les soirs depuis que je suis arrivé. On baigne dans la musique et les rencontres qu’elle provoque.

À Petite-Vallée, y’a de l’âme et du cœur dans ‘place, c’est palpable. Des gens qui se serrent les coudes de même, ça réchauffe même un grincheux de compétition. La solidarité que je rencontre ici me touche profondément. C’est celle nécessaire à l’émancipation de nos campagnes. Un projet comme celui-là mérite de vivre, et ça ne demande pas 750 millions, comme un projet de mine à ciel ouvert qu’on voudrait faire quelque part, l’autre bord du crique, dans le but de financer une compagnie qui prendra la poudre d’escampette avec le cash en échange de quelques jobs durant 20 ans, et qui laissera un trou béant derrière, un saccage que les citoyens devront ramasser après.

Au Québec, actuellement, on cultive une mauvaise notion de ce qui rapporte. Ça s’en vient mortel. On a besoin de cultiver nos valeurs humaines, de se nourrir à plusieurs niveaux. Le Village en chanson de Petite-Vallée se dédie à ça depuis trente-trois ans. Un événement autant ancré dans le local que dans l’international : c’est des portes ouvertes de même qu’on a besoin au Québec, pour faire rentrer de l’air en masse. Le sentez-vous qu’on a besoin d’air ?

Ça fait une escousse que j’ai pas été heureux de même. Merci à tous de m’accueillir si chaleureusement. Des batailleurs comme vous, ça fait longtemps que j’ai pas vu ça. Vous m’inspirez.

Si vous avez une chance, prenez-donc votre carte de membre du Village en chanson de Petite-Vallée. Ça prend cinq minutes, ça coûte douze piastres. C’est un appui que vous pouvez donner à des gens formidables qui ont du cœur au ventre, et qui ont envie de continuer d’être généreux. En tout cas moi, j’ai franchement envie d’encourager la continuité de cette magnifique aventure.

  1 comment for “FAIRE CONNAISSANCE (25 JUIN)

  1. février 25, 2016 at 7:13

    Merci pour cet article

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