HORS CHAMP (28 JUIN)

LE RINCE GRINCHEUX – MONSIEUR LAROSE

Je suis un artiste interdisciplinaire originaire de la Petite-Nation en Outaouais. Je suis de passage à Petite-Vallée pour participer à des ateliers d’écriture et d’interprétation de chanson, qui se donnent respectivement avant et après le festival. Pour la durée de l’événement, j’ai décidé de m’impliquer comme bénévole, et on m’a donné carte blanche pour que j’écrive chaque jour un billet d’humeur sur mon expérience au festival.

Hors champ: quatrième billet, 28 juin 2015

 

Réveil avec le spectacle des rencontres qui chantent. Assisté à l’aboutissement de leur processus, un très beau cadeau. «Notre passé est constitué de plusieurs sources auxquelles on peut retourner puiser indéfiniment.» Le R. Le refrain en béninois, qui m’a parlé direct, une autre langue devient soudainement la mienne, par lui.

Le R, c’est Christian. On a fini une soirée tard, ensemble, à discuter… de la vie, du Bénin, de ce qui est important et de ce qui n’est pas grave, de ce qu’on dramatise pour rien. Ces parties de soirées hors champ sont mes préférées. Le R m’a simplifié la vie à plusieurs reprises avec des paroles d’une limpidité désarmante.

«Pour faire comme si t’étais encore là, j’ai construit un ciel en briques de lumière.» Simon Jutras McLean. Sudbury, Métro Berri, Concordia… ces identités qui se mélangent.

Mademoiselle Philippe. Simon Leblanc, Paul Cournoyer, Mélanie Brûlée, Julie, Fred, Éric, Oli, Johnny… j’peux pas parler de tout, j’ai ambition de me coucher tôt, c’est-à-dire avant quatre heures. J’ai aimé ça entrer dans leurs mondes. Moi qui me sent par grand moments comme une plaie ouverte en personne, ce spectacle a été réconfortant au max. Asssiter au processus créatif, si intime, si précieux. J’ai toujours été le bienvenu, Mademoiselle Philippe insistait là-dessus. J’espère ben qu’on va faire du gros rock ensemble un moment donné. Elle tripe entre autre sur le rockabilly, et ça groove en tabarnak.

Salomé. J’ai perdu la notion du temps. Embarqué dans son trip ben raide. Réconfortant, être rassuré de même dans une zone obscure où elle nous amène. Je lui laisse volontier la roue, elle drive en sale, pas besoin de se préoccuper de rien. L’atmosphère. Elle rock sa guitare comme on ne voit pas assez souvent de femmes le faire. «Un aplomb fragile», que le gars de Bruxelles me dit, au camp, dehors, pour ne pas déranger un enregistrement dans’ cuisine : Paul et Fred sont à l’ouvrage, avant de se dire salut demain. C’est l’heure des adieux entre tout le monde depuis le début de la veillée, enregistrement de jams de voix sur le bord du feu, puis les deux Simon deboutte sur le toit de l’appenti, mise en scène photographique, voix planantes dans les aigües, guitare. Qu’est-c’est que l’ping pong vient faire là-dedans ?!?!

Puis on jase musique avec le gars de Bruxelles. On s’entend crissement ben su’ l’ groove pis su’l’ tone. On Écoute Galaxie, Gros Mené, Suuns, Eagles of Death Metal, Bob Log iii… on se dit que Salomé devrait rentrer une touche de stoner dans ses affaires. Puis arrive les gars de Dans l’shed, pis là on est rendu à Steve Hill, Royal Blood, Joe Buck Yourself… mettez-pas votre bière à côté de mon ordinateur s’il vous plait.

Tournois de ping pong France-Québec. Ça finira pas avant l’aube mon affaire, qu’est-c’est que je suis allé penser là…. ?! Simon Leblanc chante. Simon Jutras McLean aussi. «c’est juste le commencement, man.»

Y’a des bouttes qui a moins de réflexions qu’il y en avait : dans mon cas, c’est juste une bonne affaire, je me casse la tête en général, y’a du monde qui arrêtent pas de me le redire. Mettez-pas votre bière à côté de mon ordinateur s’il vous plait.

Belgique-Québec. À c’t’heure là, j’pourrais partir sur d’autres choses, y’en a! J’m’en tiens à quelques trucs, sinon ça n’a pas de fin, mais je cherche une conclusion. Ah, qu’in, Jessé. «Comme ça, t’es s’a navette de contrebande à soir ?!?».

Salutation à Simon Leblanc, grosse accolade, j’espère vraiment te revoir. J’t’aime. «Si tu passe dans l’Est, par Moncton, I’m your man» qu’il me dit. Bonne nuit son père. Oublie pas tes racines d’acadien, cette poésie là qui peut soulever des mers.

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