LA CADENCE (4 JUILLET)

LE RINCE GRINCHEUX – MONSIEUR LAROSE

Je suis un artiste interdisciplinaire originaire de la Petite-Nation en Outaouais. Je suis de passage à Petite-Vallée pour participer à des ateliers d’écriture et d’interprétation de chanson, qui se donnent respectivement avant et après le festival. Pour la durée de l’événement, j’ai décidé de m’impliquer comme bénévole, et on m’a donné carte blanche pour que j’écrive chaque jour un billet d’humeur sur mon expérience au festival.

La cadence : treizième billet, 4 juillet 2015

Je viens de réaliser que je n’ai plus de programme du festival depuis quelques jours, et pourtant j’ai été à tous les spectacles, simplement emporté par le flow.

«Et si c’est ça, l’éternité, j’en prendrais bien une seconde.» Sommeil saccadé, réveil avec les mots de Nevché, et j’entends les voix qui m’entourent en boucle, je ne sais plus si c’est vrai, si c’est dans le rêve, si… cinq heures de sommeil en pleine bataille pour récupérer.

Plein d’ami(e)s partent aujourd’hui, je ne me souviens plus trop lesquels, j’ai le vertige de la fin du festival, qu’est-ce que je vais faire de cette frénésie ? La continuer. Combien de ces ami(e)s sont partis depuis quelques jours et avec qui on continue de correspondre, à qui on donne des nouvelles en temps réel ? On est toujours bien à l’époque des médias sociaux… à un autre temps, on aurait fait autre chose. Là, on fait ça. Puis, pour s’organiser des tournées de spectacle, c’est pas bête pantoute comme système : aller visiter des amis – un exemple au hasard, mettons à Portland, en Oregon – et apporter un spectacle avec soi… en créer un autre pour l’occasion, sur place, tant qu’à y être ?

Philippe B. «Voici une chanson de voyage écrite par celui qui reste ‘a maison» (…) «maintenant, je vais vous chanter ma chanson la plus lente et dans mon cas c’est pas peu dire….». Enveloppé dans son atmosphère de chanteur à textes semi-dépressif, je suis au bord de l’overdose de spectacles et d’univers tellement riches que ça ne rentre plus. Les brass, la clarinette, les voix de filles comme il dit, ça groove par shots, je décolle complètement mais je suis rendu le cerveau lent fatigué des semaines intenses, je vole bas dans la brise, dans son vent.

Somme d’après-midi. Réveil. Écriture, deux amis composent une chanson ensemble à côté, une première chanson ensemble, une chanson d’amour et de mer qui me berce en cette journée où je suis un peu mélancolique de voir cette fin de festival arriver, un état palpable chez les autres aussi.

C’est la première fois que j’ai trois secondes pour me relire un peu, particulièrement les dernières publications, depuis le 1er juillet. Je me rends compte que je me répète pas mal : c’est des réflexions en continu, en boucle, qui se construisent au fil des discussions et des rencontres. On jase, on aborde des sujets avec un pis un autre, c’est comme une conversation collective des fois, j’me ramasser à jaser d’une sujet avec une personne, et ça en est une autre qui me revient avec ça, quatre heures après, dans un autre contexte. C’est effervescent de même.

Je vous lâche avant Pierre Lapointe, il nous reste que deux spectacles, et c’est le 24 heures, nuit blanche, dans laquelle on entrera. Pas sûr d’écrire à l’aube demain matin (y’est samedi dix-huit heures). J’essayerai plus tard, mais j’aurai peu de marge de manœuvre avant que commence l’atelier d’interprétation. Faudrait ben aussi que je fasse une brassée de lavage, et que je ramasse mon stock qui est éparpillé partout, et récupérer, avant que cette troisième partie de l’aventure commence.

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